Une carte obligatoire pour se déplacer aux Philippines

La crise sanitaire causée par la COVID-19 dans les Philippines a forcé le gouvernement de Rodrigo Duterte d’appliquer des mesures draconiennes pour combattre l’expansion du virus. L’une de ces mesures est d’imposer l’utilisation d’une passe qui donne accès aux citoyens dans seulement certaines zones dans une ville.


Crédit photo: Top Gear Philippines/Leandre Grecia

La crise sanitaire causée par la COVID-19 dans les Philippines a forcé le gouvernement de Rodrigo Duterte d’appliquer des mesures draconiennes pour combattre l’expansion du virus. L’une de ces mesures est d’imposer l’utilisation d’une carte d’accès aux citoyens dans certaines zones définies dans une ville. Malgré l’intention de protéger autant de personnes que possible, cette décision présente plusieurs effets négatifs sur la population.

 

La « Carte de Quarantaine à Domicile » (Home Quarantine Pass), connue sous le nom abrévié de « Q-Pass » est un document obligatoire pour tous les Philippins qui ont besoin de quitter leurs maisons pendant le confinement. Le document permet à une seule personne de la famille d’aller dans des « zones d’entrée interdites» ( no entry zones ) qui offrent des services nécessaires comme les supermarchés ou les pharmacies. Toute personne qui se promène dans la rue sans ce document, risque de se faire arrêter par la police.

La “Q-Pass” indique et limite les jours de sortie uniquement pour ceux qui détiennent le document. Anya, une habitante de la ville de Manille, explique que ces jours sont déterminés en fonction de la fin du numéro précisé sur la “Q-Pass”. « Les numéros impairs ne peuvent quitter leur maison que les lundis, mercredis et vendredis, tandis que les numéros pairs ne sont autorisés que les mardis, jeudis et samedis. Personne n’est autorisé à sortir de chez lui le dimanche. »

Le ralentissement de la circulation dans les zones spéciales représente un impact indirect de la “Q-Pass”. Anya rajoute que la densité de la population, les moyens de transports publics limités, le nombre limité de personnes autorisées dans les magasins, la nécessité d’observer la distanciation sociale et même faire la queue pour attendre son tour pour entrer dans l’épicerie prend du temps considérable. « C’est actuellement l’été et les températures sont devenues si élevées (38°C – 42°C) qu’après 2-4 heures d’attente pour votre tour dans l’épicerie, votre température corporelle devient très élevée, si bien qu’une fois vous passez le contrôle thermique obligatoire avant d’entrer, le thermomètre pourrait vous identifier comme malade. »

La carte n’est pas donnée aux gens sensibles ou susceptibles de contacter plus facilement le virus comme les personnes âgées. Ainsi, cela ouvre un nouveau type de problèmes. Au Canada, un citoyen est considéré comme un aîné à partir de 65 ans. Par contre, aux Philippines c’est à partir de 60 ans. De ce fait, ceux qui ont 60 ans et plus aux Philippines ne sont pas autorisés à sortir ou à voyager, sauf s’il y a une urgence, comme se rendre à l’hôpital.

Milagros, une autre citoyenne originaire de la ville de Bacolod, explique que cette décision gouvernementale affecte les gens qui travaillent dans les secteurs des services considérés comme « essentielles » qui auraient pu atténuer la situation. « J’ai un ami qui est médecin dans un hôpital. Comme elle a 60 ans, elle n’est pas autorisée à sortir pour exercer sa profession. En conséquence, elle n’est pas en mesure d’offrir son aide pendant cette crise. Donc, en quelque sorte, les lois mises en place aux Philippines pour lutter contre le coronavirus sont contre-productives ».

Le 12 mai, l’administration Duterte a décidé de passer à un confinement moins contraignant et graduel. Sont exemptés de la règle, les endroits regroupant des populations denses, comme les villes de Manille et Cebu qui sont toujours considérées comme des zones à « risque élevé » de propagation du virus.

 

Les entrevues de cet article ont été traduits librement de l’anglais par Cristian Mironescu.

Crédit photo: Top Gear Philippines/Leandre Grecia

 

Une production journalistique réalisée par :

  • Cristian Mironescu

    Passionné par des sujets comme la géopolitique, la diplomatie, l'immigration, le multiculturalisme et les arts. Originaire de Bucarest, Roumanie. Baccalauréat en Langue, Littératures et Civilisations étrangères (LLCE) spécialisation en anglais et Master en Géopolitique à l'Université Paris 8. Arrivé au Canada en 2019, j'envisage de faire une carrière dans le domaine du journalisme. Mon idéal serait de faire du journalisme international et de rendre publiques les injustices du monde.


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