Une nouvelle façon de travailler pour les CPE de Montréal


Enfants de la garderie Frisson de colline allant au parc Beaubien. Crédit photo: Maëlys Ponge

Le 14 mars dernier, le Premier ministre François Legault annonçait la fermeture des Centres de la Petite Enfance (CPE). Mais certains, considérés comme travailleurs essentiels, sont restés ouverts toute la période de confinement. C’est le cas du CPE Frisson de colline dans le quartier d’Outremont.

En temps normal, le centre compte dix éducatrices et 80 enfants. Mais ces ratios ont quelque peu changé depuis le début de la pandémie. Isabelle, éducatrice au Frisson de colline depuis neuf ans, est responsable de la moitié moins d’enfants que d’habitude. Carolina, elle aussi éducatrice depuis 24 ans, a vu son nombre d’enfants à garder diminuer de moitié. À un certain moment durant le confinement, elle ne gardait qu’une seule petite fille.

 

Isabelle donnant la collation du matin . Crédit photo: Maëlys Ponge

 

À partir du 16 mars, le CPE n’a accueilli que sept à huit enfants par semaine au lieu des 80 prévus. Depuis la réouverture officielle des centres le 1er juin, Annick, éducatrice au CPE depuis huit ans, constate que de plus en plus de parents laissent à nouveau leurs enfants  à la garderie.

Les mesures sanitaires dans un CPE

Toutes les éducatrices s’entendent sur le fait qu’il est impossible de faire respecter la distanciation sociale entre les enfants. Carolina soulève le grand paradoxe: d’un part, il est important pour les enfants de maintenir et de créer des liens sociaux et d’autre part, les autorités de la santé publique préconisent de maintenir une distance de deux mètres entre chaque enfant.

Si les mesures d’hygiène ont toujours été strictes dans l’établissement, elle a tout de même modifié sa classe. Chaque matin, les enfants doivent choisir les jouets avec lesquels ils veulent jouer. Le but est de désinfecter ce qu’ils touchent et de trier entre ceux désinfectés ou non.

 

Carolina a mis des bacs de jouets propres à la disposition des enfants. Crédit photo: Maëlys Ponge

Les éducatrices doivent, chaque fin de journée, laver les draps, les doudous et les jouets des enfants.

Les trois éducatrices notent aussi que les enfants ont su s’adapter très rapidement au nouveau protocole. Rentrer, prendre la température, se déshabiller, se laver les mains et voir leurs éducatrices avec un masque.

Isabelle craignait de devoir retourner à la case départ avec les enfants, comme lors d’une rentrée scolaire. La routine a été cassée par le confinement. Elle pensait devoir réexpliquer les règles et les consignes. Les enfants allaient-ils devoir se réhabituer à elle, se demandait-elle? Mais non, tout s’est fait assez naturellement.

De son côté, Annick note le fait que les enfants étaient très informés et conscients de ce qui se passait et pourquoi les mesures sanitaires étaient à ce point strictes. Les parents ont fait un beau travail d’explications. Elle-même avait ses filles à la garderie. Elle comprenait à quel point cette période peut être stressante pour les enfants.

La fille d’Annick, Lyvia, jouant avec sa sœur. Toutes les deux à la garderie du Frisson de colline. Crédit photo: Maëlys Ponge

Carolina a créé des panneaux accessibles aux enfants avec les consignes à respecter. Elle a fait un long travail d’explications aux enfants qu’elle garde.

Panneau explicatif de Carolina. Crédit photo: Maëlys Ponge

Au sein du CPE, ce qui pose le plus problème pour les éducatrices, est le port du masque. Avec les enfants, elles s’expriment parfois de façons non verbales, tout passe par les expressions du visage. Le masque peut véhiculer à l’enfant un message erroné.

La directrice Lucie qui réprimande des enfants. Crédit photo: Maëlys Ponge

En plus des mesures sanitaires, trouver des activités pour les enfants qui venaient toujours à la garderie pendant le confinement était un véritable casse-tête puisque les parcs étaient fermés. Annick a essayé d’être créative et de faire des activités durant les balades dans le quartier. Aujourd’hui, avec la réouverture des parcs et des jeux d’eau, la journée des enfants est enfin plus agréable.

 

Annick avec les enfants aux jeux d’eau. Crédit photo: Maëlys Ponge

Une production journalistique réalisée par :

  • Maëlys Ponge

    Étudiante française à l’Université de Montréal en journalisme. Ce choix de cursus est depuis longtemps une envie, et l’obtention d’un diplôme en Langues Etrangères Appliquées anglais-italien et d’une maîtrise en études anglophones m'ont définitivement poussée à m’orienter vers le journalisme pour mettre à profit toutes mes connaissances acquises durant ces années, pendant lesquelles j’ai aussi pas mal voyagé. Venir à Montréal était pour moi une super occasion de découvrir encore autre chose.


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