COVID-19 : Portrait d’une expatriée française au Mexique


Cholula, Mexique. Crédits photo: New Times UK.

Le 22 janvier 2020 Julie Vaillant, étudiante française à l’UPEC (Université Paris-Est-Créteil), s’envolait au Mexique pour un échange étudiant. À peine deux mois plus tard, le 17 mars 2020, le Président Emmanuel Macron annonçait des mesures très strictes de confinement et une fermeture quasi-immédiate des frontières. Que faire lorsqu’une pandémie mondiale éclate et que l’on se retrouve à 9 000km de son pays d’origine?

Rester ou rentrer ? Telle est la question

Pour Julie Vaillant, son emménagement à Chulola, dans l’état de Puebla au Mexique, devait rimer avec voyages, rencontres et apprentissage approfondi de l’espagnol. Cependant, tout ne s’est pas passé comme prévu. Pour la jeune étudiante, tout est arrivé très vite. Dans tout ce tumulte, l’angoisse a vite pris le dessus. « Au début de la pandémie, j’ai paniqué. Parce que je me suis dit « on est dans une situation très compliquée. » m’explique-t-elle lors de notre rencontre Zoom.

 

Illustration: Lisa Pradines

En effet, la situation a de quoi être angoissante. Julie Vaillant se retrouve à 9 000km du domicile familial. Elle a dû prendre une décision très rapidement. Malgré tout, elle avait le choix : rester au Mexique ou rentrer en France. « Je pense bien qu’en une journée, j’ai changé au moins cinq fois d’avis. Je regardais des billets d’avion tous les jours pour rentrer. Je me disais « je vais rentrer tel jour » puis au bout du compte, je me disais « non, je vais rester ici c’est mieux. » »

Les défis d’un confinement loin de sa famille

En étant loin de ses proches, Julie Vaillant s’imaginait n’importe quel scénario catastrophe. « J’étais stressée, parce que je me disais « je suis loin de ma famille, s’il arrive quelque chose à l’un d’eux, je ne suis pas là » et même si je rentre, les vols ne sont pas maintenus tous les jours, donc s’il arrive un truc le lundi et que le seul vol disponible est le mercredi, beaucoup de choses peuvent se passer en deux jours. »

Durant les premières semaines, c’est l’angoisse et le stress qui ont fait carburer l’expatriée française. Car même l’idée d’un possible retour en France la faisait paniquer. « Les aéroports étaient bondés à ce moment-là, j’aurais eu 46 fois plus de risque d’attraper le virus, de rentrer, de faire un câlin à ma mère et de lui refiler. C’était beaucoup trop dangereux. »

Les proches de Julie Vaillant l’ont soutenue dans son envie de rester à Chulola. Selon elle, elle a pris la meilleure des décisions. « Mes parents se rendent compte que je suis plus en sécurité au Mexique, que s’ils m’avaient demandé de rentrer en France dès le début. Ils m’ont dit que ça aurait été me jeter dans la gueule du loup que de me faire rentrer. »

Une situation moins risquée au Mexique

Heureusement pour Julie Vaillant, la situation au Mexique n’est pas catastrophique. Même si le port du masque est rendu obligatoire dans les magasins, il est toujours possible de se déplacer dans la ville sans encourir d’amende. « C’est un confinement conseillé, c’est-à-dire qu’on est tous invités à rester chez nous mais on ne se fait pas engueuler si on sort. »

Au début de la pandémie, l’État de Puebla a mis en place le port du masque obligatoire. Comme me l’expliquait Julie Vaillant lors de notre entrevue, les masques chirurgicaux sont généralement vendus au Walmart. Mais pour entrer au Walmart, il faut un masque. Alors comment faire pour s’en procurer ? « Dans les villes adjacentes, il y a plein de vendeurs dans les marchés qui fabriquent eux-mêmes leurs masques et qui les vendent. Même pour les enfants, je trouve ça beaucoup plus cool qu’ils puissent choisir un masque avec Buzz l’Éclair, par exemple. » m’informe Julie Vaillant sur Zoom.

Julie Vaillant avec son masque personnalisé, acheté dans un marché mexicain.

En plus du port du masque obligatoire, le Mexique a toujours eu une politique d’hygiène sévère et irréprochable. Comme Julie Vaillant me l’a expliquée, le Mexique a toujours mis du gel anti-bactérien dans les restaurants, les dépanneurs ou même les magasins. « Ils ont toujours eu du gel à disposition et depuis la pandémie, ils ont juste doublé la quantité de produits qu’ils proposaient. Je trouve que le Mexique fait très attention au niveau de la santé. De base le virus avait peu de chance de se propager parce que les gens se lavent les mains en permanence, ils font très attention. »

« Rentrer en France m’a brisé le cœur »

Julie Vaillant est revenue sur le territoire français le 26 mai. « Je n’avais pas spécialement envie de rentrer. Ça m’a brisé le cœur. Mais j’ai fait mon temps au Mexique, j’y retournerai une fois que le virus ne sera plus qu’un lointain souvenir. » Ses quatre mois au Mexique ont permis de lui ouvrir les yeux sur son avenir. « J’ai pu parler à des personnes totalement différentes de moi et exposer des petits projets. Je pense tout bêtement que si j’étais rentrée en France dès le début, je n’aurais pas pu voir cet aspect-là de ce que je veux faire plus tard. »

Une chose est sûre, son échange au Mexique lui aura été bénéfique, malgré la pandémie de coronavirus.

Une production journalistique réalisée par :

  • Lisa Pradines

    Titulaire d’un baccalauréat en études anglaises et en sciences de la communication à l’Université de Montréal, je me suis tournée vers le journalisme car j’ai également un grand intérêt pour l’actualité internationale, l’enquête et la rédaction. Mes intérêts se portent sur le journalisme international, l’enquête journalistique, la sociopolitique et les conflits/enjeux qui en découlent. Je suis curieuse et dynamique, prête à relever ce nouveau défi de couverture (toujours à distance) de la COVID-19!


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