Le personnel soignant face à la pression de la COVID-19


Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le travail fourni par les soignants est au centre des préoccupations. On les qualifie de héros, on les applaudit tous les soirs à 20h dans certains pays et on accroche des banderoles de soutien à nos balcons. Certes, toutes ces initiatives constituent un réconfort pour ces héros du quotidien, mais qu’en est-il réellement de leur santé mentale et émotionnelle ? Ils passent leurs journées à nous soigner, mais qui s’occupe d’eux ?

À travers le monde, des cellules de soutien psychologique destinées au personnel soignant ont vu le jour. Je me suis entretenue avec deux psychologues belges, Sandra Billy et Annick Petiau, de l’Hôpital Erasme à Bruxelles. Elles m’ont parlé de leur initiative et de leur rôle auprès du personnel médical en ces temps de pandémie.

La plateforme de soutien psychosocial a été mise en place par les deux psychologues le jour même de l’annonce du confinement en Belgique, le 16 mars dernier. Cette plateforme est en fait un numéro de téléphone et une adresse mail spécifiques aux besoins de la COVID-19. Elles travaillent avec trois autres conseillers qui interviennent auprès du personnel soignant par téléphone, en personne ou même en visioconférence.

En plus des rencontres individuelles, des groupes de partage se sont formées pour les différentes équipes médicales. C’est un espace de parole où  l’on partage ses inquiétudes mais aussi ses journées, son quotidien face à la COVID-19.  Pour Sandra Billy et Annick Petiau, ces rencontres de groupes sont l’occasion d’échanger mais aussi de prévenir. Pour elles, « ça n’avait pas de sens de recevoir les équipes à travers un écran, alors qu’eux sont réunis dans la même réalité sur le terrain, donc la proximité est indispensable ».

 

 

Les inquiétudes des soignants sont nombreuses : stress, fatigue, peur d’être contaminé-e et/ou contaminant, manque de moyens, situations inédites, nouveauté de la maladie… Les deux psychologues m’ont raconté ce qui les avait le plus marqué dans les témoignages de soignants.

 

 

Selon elles, il n’y a pas de remèdes miracles face à tout ce que les soignants peuvent subir et voir au quotidien. « Il n’y a pas de mode d’emploi », seulement des conseils ou des rituels à mettre en place. L’important est de leur permettre de « re-cloisonner entre vie privée et vie professionnelle […] pour que toute la vie ne soit pas COVID-19 ».

 

 

Et après ?

La fin de la crise étant encore incertaine et floue, la cellule de soutien restera en place pour une période encore indéterminée. Le déconfinement a commencé et s’est fortement accéléré depuis le mois de juin en Belgique mais il existe « un décalage entre le déconfinement et la réalité de l’hôpital, et la gestion des émotions est aussi en décalage ». Les demandes de groupes augmentent et il y aura sans aucun doute un besoin de soutien psychologique pour le personnel de rééducation après la crise. Selon les psychologues, ces soignants devront aussi être soutenus et valorisés puisqu’ils vivront et vivent déjà dans la réalité post-COVID.

 

 

Ce que Sandra Billy et Annick Petiau retiennent de cette pandémie sont le volontariat des médecins face à un virus encore méconnu, l’esprit de solidarité et de générosité. En plus du support émotionnel qu’elles peuvent apporter, elles saluent le support plus primaire et les initiatives prises par les hôpitaux. La livraison de repas ou de courses, les nombreux dons et cadeaux sont d’un grand réconfort pour le personnel médical.

 

Alors même si le pic de cette crise sanitaire semble être derrière nous, continuons de soutenir comme nous le pouvons ces héros du quotidien.

 

Une production journalistique réalisée par :

  • Maëlys Ponge

    Étudiante française à l’Université de Montréal en journalisme. Ce choix de cursus est depuis longtemps une envie, et l’obtention d’un diplôme en Langues Etrangères Appliquées anglais-italien et d’une maîtrise en études anglophones m'ont définitivement poussée à m’orienter vers le journalisme pour mettre à profit toutes mes connaissances acquises durant ces années, pendant lesquelles j’ai aussi pas mal voyagé. Venir à Montréal était pour moi une super occasion de découvrir encore autre chose.


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