Les vins de Bourgogne et la pandémie : témoignage du vigneron Benjamin Borgnat


Benjamin Borgnat est vigneron dans le domaine viticole situé au Château d’Escolives en Bourgogne, région emblématique pour tous les amateurs de vin. Il témoigne ici avec passion de sa pratique professionnelle et de son obligatoire adaptation en raison de la pandémie. Il insiste aussi sur la nécessité de se tourner vers une production viticole respectueuse de l’environnement.

L’adaptation à la pandémie et au confinement

Benjamin Borgniat devant ses tonneaux de vin

La pandémie a été une grosse remise en question pour Benjamin. En dépit du fait qu’il se situe dans la campagne dotée d’une faible densité de population, ce qui limite forcément les risques de transmission, le vigneron a dû s’adapter rapidement à cette situation.

L’accueil pour la vente de vin fût fermé pendant un certain temps. Il a pu rouvrir ses portes progressivement tout en maintenant un strict respect des normes sanitaires. Tout le domaine dispose désormais de gel hydrocalcoolique, les espaces de dégustations sont désormais moins conviviaux avec des tables espacées.

Afin de limiter au maximum les pertes financières à cause de la fermeture de l’accueil et de la fermeture des frontières, le vigneron a développé l’idée d’une restauration à emporter : une offre de pique-niques pour aller déjeûner dans les vignes où les intéressés achètent un panier dont ils choisissent le contenu.

Par ailleurs, Benjamin a été bénéficiaire d’une aide de l’État qui consiste à garantir des prêts pour qu’il puisse « survivre économiquement ». Ainsi, cette situation globalement négative a un aspect positif : celui de conserver les vins en cave, faute de marchés.

Pour le vigneron : « Non seulement le vin se conserve mais il se valorise. Le problème chronique en Bourgogne c’est le manque de vin(s). Le coup de pouce de l’État pour garantir des prêts va se transformer en une constitution de stock de 2 à 3 mois. Juste assez pour faire des élevages plus longs.”

« Le vin demande du temps et on a gagné du temps ».

 Un choix confirmé : vers une production écologique 

Le vigneron a décidé depuis longtemps de procéder à une production intégrée, c’est à dire qu’il souhaite insérer la vigne dans un écosystème afin de limiter son impact sur l’environnement.

En utilisant le moins de produits toxiques possibles, la vigne gagne en qualité et en protection. Benjamin travaille le sol de façon à «altérer le moins possible la biomasse et aménager une biodiversité à la fois végétale et animale».

C’est sans doute l’un des aspects les plus agréables du métier reconnaît Benjamin. Le fait de procéder à une production respectueuse de l’environnement et d’établir une biodiversité autour de la vigne permet de donner au métier de vigneron un sentiment de communion avec la nature. « On a plaisir avec ça, même si ça prend du temps ».

À la question fondamentale : 2020 sera-t-elle une bonne année pour le vin ? Benjamin répond : “Il y a un indice dans 2020, il y a vin ! Et quant on le lit il y deux fois vingt !”. Une année exceptionnellement précoce qui ravira tous les amateurs de vin.

Une évolution de la profession

Présentation d’une bouteille du domaine

Le métier de Benjamin présente de nombreux aspects. L’aspect agricole d’abord, car il doit produire du raisin, puis la facette œnologique où il transforme le raisin en vin, et enfin la vente de vin et la gestion d’entreprise.

Le domaine familial s’étend sur une vingtaine d’hectares où « 80% de la production plantée est en pinot noir, qui est le principal cépage rouge de Bourgogne. Le reste est en Chardonnay,  principal cépage blanc de Bourgogne et d’autres comme l’aligoté (secondaire en blanc)”.

Le contexte de pandémie a modifié le travail de Benjamin dans les vignes. Les équipes du domaine qui s’occupent de l’entretien de la vigne doivent désormais respecter la distanciation sociale mais aussi s’équiper de plus de véhicules.

Par ailleurs, l’objectif de Benjamin est d’accéder à l’appellation « Village » qui lui permettra d’atteindre une certaine visibilité au niveau national comme international. Il sera « digne d’être cité » dans le milieu hiérarchisé des vins bourguignons, une reconnaissance historique.

Cet objectif a été ralenti par le contexte de pandémie (arrêt des ventes, moins de contact avec les collègues) et Benjamin doit désormais s’adapter aux évolutions du métier. Mais son objectif de changement d’appellation  lui permettra de gagner en prestige pour pouvoir faire connaître les vins issus de son domaine.

 

Une production journalistique réalisée par :

  • Olivier Esteve

    Je suis Français et âgé de 24 ans. Je dispose d’un baccalauréat et d’une maîtrise en Anthropologie. Grâce à cette formation, je peux m’appuyer sur des méthodes d’enquêtes qualitatives et j’aime mettre en perspective les enjeux culturels et politiques des sociétés contemporaines. Je m’intéresse aussi à l’art du documentaire et j’espère pouvoir progresser dans la façon de concevoir un reportage journalistique.


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