Soccer : Un baptême pas comme les autres chez les pros pour Omar Kreim

Le milieu de terrain canadien Omar Kreim revient sur ses premiers mois avec sa nouvelle équipe, les Wanderers d’Halifax.


Omar Kreim - Photo courtoisie : James Hajja/OBELISQ.

Intégrer une nouvelle équipe de soccer comporte son lot de défis : de nouveaux coéquipiers, un nouveau coach, une nouvelle ville, bref, beaucoup de choses auxquelles il faut s’adapter. En temps de pandémie, d’autres enjeux s’ajoutent à la liste. Le milieu de terrain Omar Kreim revient sur ses premiers mois avec sa nouvelle équipe, les Wanderers d’Halifax.

C’est tout juste après avoir terminé son baccalauréat en droit à l’Université de Montréal qu’Omar Kreim a signé son premier contrat professionnel avec les Wanderers d’Halifax dans la Première ligue canadienne. Il s’agit de la ligue du plus haut niveau de soccer canadien, tout juste en dessous de la MLS. « En novembre 2019, j’ai été appelé par le coach d’Halifax et moi j’avais de l’intérêt pour l’équipe et pour la ville donc ça s’est fait rapidement à partir de là », explique-t-il.

Abou Sissoko, @OmarKreim, @JemsGeffrard et @louisbg27 sont en route pour Halifax!

See you soon, @HFXWanderersFC. 👋

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— OBELISQ (@WeAreObelisq) 2 mars 2020

Il a déménagé de Montréal à Halifax en début mars pour le début du camp d’entraînement de l’équipe, excité par cette nouvelle aventure. Le groupe devait partir pour un stage de préparation en République dominicaine, mais l’interdiction de voyage lié à la pandémie a changé les plans. C’était le début des perturbations. « À notre deuxième semaine d’entrainement, on nous a dit qu’il n’y aurait plus d’entrainements et qu’ils nous donneraient une mise à jour dans deux semaines », raconte le milieu de terrain canadien. « Moi, honnêtement je croyais que ça allait être à court terme, mais finalement l’arrêt a duré très, très longtemps, presque trois mois. »

 

Le confinement particulier d’un joueur de soccer

Omar Kreim a passé l’entièreté de son confinement en Nouvelle-Écosse. « J’ai pensé au long terme, car je ne voulais pas retourner à Montréal puis être pris là-bas et ne pas pouvoir revenir donc j’ai décidé de rester », explique-t-il. Confiné, seul dans son appartement et dans une nouvelle ville, ce ne fut pas facile pour la recrue de 25 ans. « Quand tu es en quarantaine et que tu n’as personne vraiment dans l’appartement avec toi, la communication c’est plus compliqué. C’est quand même dur, surtout que c’est ma première signature, ma première année professionnelle. De la vivre de cette façon c’est quand même compliqué. »

Le joueur a dû prendre son mal en patience alors que ses débuts avec son nouveau club se font toujours attendre. « Au niveau professionnel, tu es payé pour t’entraîner et jouer, tu es payé pour performer et moi j’avais hâte de vivre ce mode de vie là », raconte-t-il.

« Mais de s’arrêter comme ça du jour au lendemain après deux semaines c’est pas facile, c’est vraiment pas facile. » —Omar Kreim

Durant la pause forcée, les Wanderers d’Halifax ont tout de même assuré un contact constant avec leurs joueurs. Des plans d’entrainements individualisés ont été distribués et des rencontres avec l’entraîneur ont eu lieu plusieurs fois par semaine sur la plateforme Zoom. « On s’entraînait 6 jours sur 7, seulement avec le poids de notre corps pour éviter les blessures et parce qu’on n’avait pas accès à une salle d’entrainement », explique-t-il. « On avait des réunions Zoom avec le coach souvent durant lesquels il nous montrait la façon dont il veut qu’on joue. Parfois il y avait des joueurs professionnels qui jouent dans des grands clubs qui nous ont parlé de leur expérience, d’autres fois c’était des quiz pour garder une bonne ambiance dans l’équipe. C’est sûr que c’est pas l’idéal parce qu’on n’est pas en personne, mais au moins quand vient le temps de retourner sur le terrain, on ne part pas à zéro. »

Le joueur de milieu de terrain explique aussi que son intégration au sein d’un nouveau groupe de joueurs s’est faite de façon particulière, bien que certaines circonstances ont facilité les choses. « Durant le confinement, on avait uniquement la messagerie texte pour communiquer entre nous. Il y a des joueurs qui sont rentrés au Québec et en Ontario aussi, donc on n’est pas tous ici. Mais presque toute l’équipe est nouvelle parce que l’année dernière, Halifax a connu quand même une mauvaise saison, donc il y a eu quand même beaucoup de jours retranchés. Ça facilite beaucoup l’intégration parce que plusieurs joueurs sont nouveaux. Quand on est deux ou trois nouveaux qui viennent intégrer un ancien groupe, c’est un peu plus compliqué », affirme-t-il.

 

Une saison à tout prix

L’équipe d’Halifax a été la première de la ligue à reprendre l’entraînement le 1er juin dernier, un soulagement pour les joueurs qui commençaient à trouver le temps long. « Ça fait du bien de toucher le terrain enfin », s’exclame l’ancien des Carabins de l’Université de Montréal. « Mais c’est un peu bizarre parce que là on est dans la première phase où on peut juste s’entraîner quatre joueurs sur le terrain à la fois, et même là on est limité à un quart de terrain chacun. J’espère que dans les prochains jours on va passer à la prochaine phase qui permet 10 joueurs par terrain. »

Les partisans d’Halifax célèbrent un but. Crédit photo : Indrid__Cold sur Flickr

Reste qu’il n’y a toujours pas de date de reprise des matchs dans la ligue. La MLS vient tout juste d’annoncer un tournoi d’un mois qui remplacera la saison 2020, et dont les matchs seront disputés au Disney World Resort en Floride. Les rumeurs avancent que la Première ligue canadienne prépare un tournoi similaire qui serait disputé sur l’île du Prince Édouard.

Peu importe le format, Omar Kreim est partant pour qu’il y ait une saison 2020. «

Honnêtement, tant que c’est bien fait, qu’il y a des bonnes conditions et qu’ils prennent soin de tout ce qui est des mesures sanitaires, moi je n’ai aucun problème », explique-t-il. « Pour la visibilité de la ligue, ce ne serait vraiment pas bon qu’il n’y ait pas de saison, donc je suis quand même confiant qu’on en aura une. »

« Une saison blanche ce n’est bon pour personne. »

— Omar Kreim

En cette saison particulière, le Canadien originaire du Maroc n’a qu’un objectif en tête : jouer. « C’est juste de rester en santé et d’accumuler le maximum de minutes possible. C’est important en première saison d’avoir le maximum de temps de jeu pour pouvoir démontrer ce que je suis capable de faire. »

À long terme, il espère pouvoir gravir les échelons du soccer professionnel. Dans l’attente de ses débuts avec les pros, il relativise le tout. « La pandémie c’est quand même quelque chose de plus grand que nous, quelque chose d’international, ça arrive une fois par siècle donc j’essaye de ne pas me prendre la tête avec ça », explique-t-il. « Je me dis que c’est passager et que le meilleur est à venir. »

Une production journalistique réalisée par :

  • Olivier Boivin

    J’ai 23 ans et je suis journaliste. Je me lance dans ce métier après un parcours académique centré sur les communications et les technologies les entourant. Passionné de politique, de musique et de sport depuis toujours, j’adore analyser, fouiller et creuser mes sujets. Je suis toujours en train de me questionner sur quelque chose. Je souhaite maintenant trouver les réponses et vous les partager ici.


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