Des chiens au service de l’Homme


Chien à la recherche de stupéfiants. / Crédit photo: chien.com

 

Chien à la recherche de stupéfiants. / Crédit photo: chien.com

Mardi 2 juin, Rad publiait un reportage sur les applications mobiles pour contrôler la pandémie. Si certains pays comme la Chine ou la Corée du Sud souhaitent mettre au point des technologies pour être en mesure de soumettre leur population à un contrôle dans les lieux publics, d’autres pays, comme la France font appel à d’autres alternatives moins invasives. Dans certaines régions françaises, des chiens sont actuellement entraînés pour détecter les personnes infectées par la COVID-19.

 

Premières recherches

La pandémie de COVID-19 n’ayant éclaté qu’au début de l’année, les recherches sur ce virus n’en sont qu’à leur début. À ce jour, la seule façon de savoir si une personne est infectée, est par le dépistage. Les résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs, arrivent sous quelques jours. Pendant que des dépistages s’effectuent à tous les jours, des professionnels de la santé se sont tournés vers les animaux pour aider la recherche.

Les chiens, étant dociles et ayant un odorat plus développé que celui de l’Homme, sont souvent utilisés au service de l’humain. Ils sont notamment dressés pour flairer et réagir à la présence de la drogue. Certains vétérinaires et éducateurs canins se sont alors demandés si les chiens seraient capables de reconnaître une personne malade parmi des personnes saines.

 

Résultats encourageants

Selon Dominique Grandjean, professeur à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA) en Val-de-Marne, les chiens sont capables de détecter si une personne est malade, en reniflant simplement sa sueur. « Les malades du COVID-19 ont une odeur spécifique que les chiens peuvent détecter. » rapporte-il au Monde. Ils ont alors fait le test avec un berger belge malinois de dix-huit mois. Le chien se retrouve face à « quatre supports métalliques, contenant chacun un échantillon de sueur humaine » lit-on dans le Monde. Après avoir reniflé une fois chacun échantillon, le chien s’est positionné devant le deuxième support. À la surprise générale, c’était celui contenant l’échantillon de la personne infectée.

Un chien s’entraîne à détecter le Covid-19 sur des échantillons de sueur, prélevés sur des patients, à l’École vétérinaire d’Alfort, le 19 mai. BENOIT TESSIER / REUTERS / LE MONDE

Du côté d’Ajaccio en Corse Aymeric Bénard, vétérinaire chef du service d’incendie et de secours de la Corse-du-Sud, appuie les recherches menées à l’ENVA. « On constate une très bonne sensibilité du chien à cette odeur, et un marquage particulièrement franc sur les prélèvements positifs à la Covid. » rapporte le Monde. Des recherches sont également menées en Corse, où les résultats sont tout aussi prometteurs.

 

Un dépistage économique, rapide et sans douleur

Si un nombre suffisant de chiens est entraîné et déployé dans les lieux publics, ils pourront alors servir de test de dépistage rapide et efficace. « On pourrait aussi mettre ces chiens à disposition des municipalités pour leurs administrés qui vont pouvoir se faire tester sans douleur, gratuitement et éventuellement tous les jours. » suppose Dominique Grandjean. Ils seraient également utiles dans le cas d’une seconde vague de la pandémie.

Les hôpitaux étant débordés, plusieurs jours sont nécessaires avant de se faire dépister pour la COVID-19 et il faut rajouter à cela, un autre délai de quelques jours avant de recevoir les résultats. De plus, pour se faire dépister il faut présenter des symptômes; les personnes étant asymptomatiques mais pouvant toujours transmettre le virus, n’ont souvent pas la possibilité de se faire dépister. Avec les chiens, la réponse serait quasi immédiate. « On a 95% de résultats positifs. » annonce fièrement le professeur Grandjean. Avec des résultats si prometteurs, difficile d’imaginer une alternative aussi indolore et non-invasive dans cette course contre la propagation du coronavirus.

 

Les Britanniques s’attellent à la tâche

Les recherches se poursuivent aussi dans d’autres pays. De l’autre côté de la Manche, au Royaume Uni, des chercheurs ont également réussi à dresser des chiens pour reconnaitre les personnes atteintes du coronavirus. Claire Guest, fondatrice et directrice générale de l’association Medical Detection Dogs, est affirmative. « Nous avons la preuve que les chiens peuvent détecter des bactéries et d’autres maladies, nous pensons donc que ce projet fera une énorme différence dans la capacité à contrôler la propagation de la COVID-19. » relate la Presse.

 

Dans un centre d’entraînement situé à Milton Keynes, dans le centre de l’Angleterre, les chiens sont dressés à reconnaître l’odeur du virus parmi plusieurs échantillons. Ils doivent alors signaler quand ils l’ont trouvée, avant d’être récompensés. /PHOTO MATTHEW CHILDS, REUTERS / LA PRESSE.

Déployés dans les aéroports, les chiens pourront alors déceler quels sont les voyageurs contaminés et ceux-ci pourront alors être placés en isolement en toute sécurité. « L’équipe s’est donnée pour but de former les animaux en six semaines afin de pouvoir fournir rapidement aux autorités sanitaires un « outil » de « diagnostic rapide et non invasif. » nous informe la Presse.

 

À quand le tour du Québec ?

En effectuant des recherches, on se rend rapidement compte que cette initiative ne s’est pas encore exportée de ce côté-ci de l’Atlantique. Les expériences développées en France et au Royaume-Uni n’en sont qu’à leur phase de test, mais les résultats sont déjà convaincants.

Avec une liste de personnes contaminées qui ne cesse de s’allonger et les hôpitaux qui sont débordés, est-ce que le Québec fera appel aux chiens flaireurs pour soulager la charge du personnel médical et accélérer le processus de dépistage ? Ou alors, le gouvernement se tournera-t-il plutôt vers les applications de traçage ?

Une production journalistique réalisée par :

  • Lisa Pradines

    Titulaire d’un baccalauréat en études anglaises et en sciences de la communication à l’Université de Montréal, je me suis tournée vers le journalisme car j’ai également un grand intérêt pour l’actualité internationale, l’enquête et la rédaction. Mes intérêts se portent sur le journalisme international, l’enquête journalistique, la sociopolitique et les conflits/enjeux qui en découlent. Je suis curieuse et dynamique, prête à relever ce nouveau défi de couverture (toujours à distance) de la COVID-19!


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