Réflexions sur l’Après. Impact environnemental


Graphisme : Gabrièle Dubé-Roy

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Dans ce processus de réflexion sur l’Après pandémie, il est inévitable de se pencher sur la question environnementale.

Pour ce faire, Annie Chaloux, professeure adjointe à l’Université de Sherbrooke et experte en politiques environnementales et climatiques, a offert quelques observations pour se projeter dans l’Après.

Le confinement et le ralentissement de l’économie mondiale nous ont montré que de réels changements au niveau environnemental pouvaient advenir. La diminution de la pollution atmosphérique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’assainissement des cours d’eau n’en sont que quelques exemples. Pour certains endroits dans le monde, les effets sont tangibles. Annie Chaloux nous dit que c’est cette notion de tangibilité qui amène les prises de conscience les plus marquées. Toutefois, au Canada, ça l’est moins puisque le tout demeure plus théorique que compréhensif.

 

Une relance juste

Dans notre cas, la spécialiste en politiques environnementales et climatiques centre plutôt la réflexion sur la manière dont les gouvernements vont reconstruire l’Après. Comment vont-ils relancer l’économie? Comment ces plans de relance vont-ils tenir compte des impératifs de lutte contre les changements climatiques? Il y a une conscience depuis plusieurs années de la part des gouvernements. Ils savent où sont les problématiques. Mais il y a un manque de volonté politique d’agir, notamment à cause des ressources limitées pour enclencher cette action structurante.

 

« L’avantage dans tout ça, c’est que des investissements majeurs devront être faits par les différents paliers de gouvernement pour relancer l’économie. Alors, pourquoi ne pas le faire au sein d’une économie verte et à l’aide d’infrastructures durables ? », réfléchit Annie Chaloux, rejointe par téléphone.

Relation aux transports et à la mondialisation

 Lorsque questionnée sur la place des transports au sein des changements climatiques, la professeure de l’Université de Sherbrooke avance qu’on ne paie pas le véritable coût environnemental lié à nos déplacements. Les transports sont un des secteurs les plus polluants, en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Avec la pandémie, les déplacements, principalement ceux par avion, se sont presque arrêtés. Annie Chaloux soutient qu’il s’agit d’un bon moment pour reconsidérer la pertinence de certains de nos déplacements. Des remises en question font surface notamment en ce qui a trait au tourisme et aux rencontres professionnelles internationales.

C’est le moment de se tourner vers un tourisme de proximité et ainsi un transport plus local, du même coup moins polluant. Les déplacements d’un pays à l’autre seront affectés durant une période indéterminée, ce qui sera un coup dur pour l’industrie touristique de nos régions. Bien que le monde offre de nombreux endroits à découvrir, il y a tout autant de richesse à l’intérieur de nos frontières.

La pandémie nous a aussi contraints à revoir nos méthodes d’échanges dans le milieu professionnel. On s’est rendu compte que de nombreuses technologies, telle que celle de la visioconférence, pouvaient permettre d’échanger sans avoir à se déplacer et d’en tirer les mêmes bénéfices. Dans l’Après, ces plateformes permettront d’éviter de voyager à l’étranger de manière récurrente pour des rencontres qui peuvent maintenant se faire virtuellement. Plusieurs déplacements par avion verront ainsi leur pertinence réévaluée.

 

La pandémie nous permet de reconsidérer nos déplacements dans l’Après. Graphisme : Gabrièle Dubé-Roy

Action gouvernementale

 Lors de la marche pour le climat en septembre dernier à Montréal, ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont demandé de l’action politique rigoureuse. Les gouvernements ont répondu qu’ils avaient entendu le message et qu’ils voulaient en faire plus, mais que c’était un processus qui prendrait du temps. On reconnaît l’importance, mais pas l’urgence parce qu’on n’en ressent pas les effets concrets. La pandémie nous montre qu’en cas de crise majeure, les gouvernements ont la capacité d’agir. Les changements climatiques sont une crise majeure, quoique plus étalée dans le temps. Et c’est principalement ce qui lui nuit selon Annie Chaloux.

Les gouvernements doivent agir dans l’Après. Sans être moins démocratiques, ils ont la capacité de faire des actions plus musclées, telles qu’ils nous l’ont prouvé avec la gestion de la pandémie.

 

« On a plus confiance en nos élus, on est moins cyniques. Ils nous ont montré leur capacité d’agir. Une forme de momentum s’est installée avec l’aval de la population. Ç’a été une décennie très dure pour nos décideurs. Mais avec les actions concrètes que les autorités ont prises pendant la pandémie, on leur voue un plus grand respect. »

La lutte contre la COVID-19 et celle contre les changements climatiques ne sont pas si différentes. Toutes les deux visent à protéger notre santé. L’une affecte davantage les aînés et l’autre, les jeunes. Toutefois, c’est l’avenir de la jeune génération qui est en jeu dans cette deuxième lutte. Et c’est cette même génération qui va assurer notre pérennité comme société.

Une production journalistique réalisée par :

  • Gabrièle Dubé-Roy

    Baccalauréat en communication en poche, je me suis dirigée vers le journalisme par amour des mots. Ma curiosité et ma soif d’apprendre font de moi une réelle passionnée. Mon but : témoigner d’histoires et tenter de faire sens de notre monde à coup de « pourquoi » et de « comment ».


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