À nous l’économie ! Une opportunité


Photo par Olga Claing

La crise de la COVID-19, c’est un ralentissement : de nos vies, de notre travail, de notre économie. Pour les cinq cofondateurs et cofondatrices du mouvement « À nous l’économie ! », cette crise sanitaire est bien plus qu’un simple ralentissement. C’est une opportunité.

« On se rend compte qu’on est dans un moment vraiment spécial, pis qu’il y a des disparités qui sont en place. C’est un moment qui fait ressortir encore plus des inégalités face au travail et dans les conditions de vie, » constate Mael Houyau, un des citoyens derrière l’initiative.

Selon lui, la crise sanitaire met en évidence les inégalités du système économique ainsi que sa fragilité : un simple virus nous plonge dans une crise économique, tandis qu’on nous répète que c’est un système flexible et mondialisé.

« On voit que ça peut très vite s’arrêter et avoir des conséquences graves, » dit-il.

Non seulement la crise met-elle en évidence les failles de l’économie, mais le ralentissement donne à plusieurs un temps de réflexion qui permet d’en prendre mieux conscience.

« À nous l’économie ! » est une invitation à avoir ces réflexions, mais aussi à les partager sur les médias sociaux. Le site web du mouvement offre plusieurs outils pour que les gens, les organismes, les entreprises puissent afficher leurs opinions et revendications face à l’économie. Par exemple, il y a une trousse avec des images à partager et des instructions sur comment planifier une capsule vidéo, sans oublier le mot-clic « #anousleconomie ».

Plus que tout, le mouvement se veut large et inclusif : « Nous voulons que les gens utilisent cette plateforme pour leurs propres revendications, avance M. Houyau. On a tous des réalités différentes et besoin de changements différents. »

Repenser l’économie

L’initiative met de l’avant une vision différente de l’économie. Ariane Gagnon-Légaré, qui est également cofondatrice du mouvement, remarque que le concept d’économie est devenu quelque chose de très complexe, face auquel on se sent souvent impuissante et impuissant.

« On croit que ça peut être autrement. On met quelque chose de l’avant, pis on pense que ça peut être repris avec plein de couleurs différentes, dans une vision démocratique, » dit-elle. « À nous l’économie ! » propose une économie au service des gens, qui opère dans les limites de la biosphère. Le mouvement considère que l’économie est un moyen et non une fin.

La pandémie est le moment idéal pour cette réconciliation entre les gens et l’économie.

« Présentement, il se passe des choses qu’à la fin de 2019, on n’aurait jamais pensé possibles, » remarque Mme Gagnon-Légaré. « Moi je vois là-dedans une image très forte, qui permet de revisiter nos croyances face à l’économie. »

Cette initiative encourage également tout le monde — citoyen, organisme, entreprise — à penser à la relance économique qui suivra la crise sanitaire : « Il y a des sommes qui vont être investies — mais est-ce qu’on trouve que ça a du sens ? »

Un mouvement pour tous et toutes

Le mouvement « À nous l’économie ! » est donc un ancrage, un point de ralliement pour tous ceux et celles qui profitent de la pandémie pour réfléchir au système. Il est au service de toute personne qui veut partager leurs revendications et lutter pour une économie plus humaine. Il cherche à rassembler le plus possible les initiatives qui supportent déjà un changement de système, que ce soit pour des raisons écologiques, politiques, économiques ou autres. Ce mouvement vise à inciter des réflexions personnelles et collectives pour que les gens puissent se réapproprier leur économie.

La pandémie offre un ralentissement de nos modes de vie sans précédent. « À nous l’économie ! » profite de l’opportunité qu’offre ce ralentissement pour rassembler les réflexions de tous et toutes afin de créer une meilleure économie, au service de tout le monde.

Le mouvement « À nous l’économie ! » a été lancé sur les médias sociaux le 7 mai à 12 h. Pour en savoir plus, visitez leur site web.

Une production journalistique réalisée par :

  • Anne-Marie Trickey

    Finissante au D.E.S.S. en journalisme de l’Université de Montréal et bachelière en science politique de l’Université McGill. Originaire de l’Ontario, je m’intéresse aux sujets qui entourent la politique, la société et la philosophie. Dans la vie comme en journalisme, je crois surtout à la grande importance de toujours me demander « pourquoi ».


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