Réflexions sur l’Après. Prémisse


Graphisme : Gabrièle Dubé-Roy

Il y avait l’Avant, il y a le Pendant et il y aura l’Après. 

 

L’Histoire nous le démontre, les pandémies connaissent une fin. Peste noire, choléra, grippe espagnole à l’échelle mondiale sont choses du passé. 

Ces évènements marquants de l’évolution de nos sociétés ont toutefois laissé leurs traces. La peste noire nous a amené les concepts d’isolation et de quarantaine. Le choléra nous a révélé que l’absence de symptômes ne signifiait pas l’absence de contagion. La grippe espagnole nous a fait découvrir l’importance du port du masque et de l’interdiction de rassemblements. 

L’Avant est souvent source d’apprentissage pour le Pendant. Ainsi, ces leçons se sont transposées dans la gestion de la pandémie actuelle. On cherche à comparer pour savoir où se diriger. Reproduire ce qui a bien fonctionné et éviter les erreurs du passé. Le Pendant est un constant état de questionnement où les réponses viennent à coup d’essai-erreur, de projection, d’évaluation.

Mais qu’en est-il de l’Après ?

L’incertitude, l’inconnu, la rupture avec l’Avant. On parle de « retour à la normale », mais qu’est-ce que c’est au juste ? 

Le retour à la vie d’autrefois telle qu’on la connaissait, n’adviendra pas. La pandémie a mis en lumière beaucoup trop de failles et de faiblesses de nos sociétés et de nos modes de vie pour qu’on retourne s’y conforter. Voguant au gré du rythme effréné de nos vies d’Avant, on en avait oublié quelques fondements. Travailler à en être essoufflé, regarder son nombril au lieu de l’immensité de la collectivité, épuiser notre planète et nos écosystèmes déjà fatigués. Dans cette course folle qu’était la vie, on en a oublié son essence. 

 

Mais l’humain apprend-il plus qu’il n’oublie ? 

De nombreuses leçons sont aussi à tirer du Pendant. Il faut les transporter dans l’Après. Comme l’ont fait d’autres humains lors des pandémies précédentes. Notre mémoire collective doit être un pilier de cette métamorphose. Et la passivité ne peut être une option.  

« Aborder à la manière d’une chance historique les bouleversements profonds que nous traversons représente la meilleure façon d’en faire quelque chose de grand plutôt que de simplement subir les événements. » 

C’est ce que le philosophe Alain Deneault nous dit. 

Le Pendant est difficile. Pertes de vies humaines, bouleversement de nos habitudes, pertes d’emploi, isolement. L’Après est symbole d’espoir. C’est un éventail de possibilités infinies qui se dressent devant nous. C’est une façon de panser les maux de l’Avant. 

Difficile de croire qu’un jour le soleil se lèvera et que ce sera fini, mais ce jour viendra. Ce n’est toutefois pas lorsqu’on sera plongé dans l’Après qu’on pourra le préparer. Il faut s’y mettre maintenant, en plein cœur du Pendant. Il faut réfléchir à tout ce qui ne fonctionnait pas lors de l’Avant, et imaginer des solutions.  

« Heureusement, l’effondrement n’est pas le fin mot de l’histoire ; il est le résultat d’une crise globale qui n’a pas encore trouvé la solution collective pour la résorber. » 

Ces propos de Jonathan Durand Folco, auteur et philosophe, résonnent fort pour l’avenir, l’Après. La solution se doit d’en être une collective. 

Plusieurs pans de nos vies ont l’opportunité d’être repensés. Cette prémisse se voulait un début de réflexion. Dans les publications suivantes de cette série Réflexions sur l’Après, il sera question de l’avenir de nos villes, de nos sociétés et de l’environnement. 

Une production journalistique réalisée par :

  • Gabrièle Dubé-Roy

    Baccalauréat en communication en poche, je me suis dirigée vers le journalisme par amour des mots. Ma curiosité et ma soif d’apprendre font de moi une réelle passionnée. Mon but : témoigner d’histoires et tenter de faire sens de notre monde à coup de « pourquoi » et de « comment ».


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