Jebénévole.ca. Maintenir la solidarité après la pandémie


À ce jour, la banque de bénévoles du site jebénévole.ca compte plus de 31 000 noms. La Fédération des centres d’action bénévole du Québec regarde maintenant vers l’avenir. La priorité ? Assurer la pérennité de cet élan solidaire une fois la crise passée.

L’arrivée de la COVID-19 a été un choc pour les organismes communautaires. Michel Alexandre Cauchon est le directeur général de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ), qui regroupe 108 Centres d’action bénévole (CAB). Il explique que plusieurs organismes craignaient manquer de bénévoles, parce que la plupart d’entre eux ont plus de 70 ans. Il fallait agir. C’est donc ce qu’a fait le Premier Ministre François Legault le 26 mars 2020, lorsqu’il a lancé un appel à tous à s’inscrire sur le site de la Fédération, jebénévole.ca.

Inverser la courbe

La Fédération et les Centres s’attendaient à cette annonce. Son impact, cependant, a été une surprise. 

« Je dirais que l’offre de bénévolat a toujours été inférieure à ce dont on avait besoin. Mais avec le site jebénévole. ca, la courbe, pour la première fois de l’histoire, s’est complètement inversée. C’est vraiment du jamais vu, » remarque M. Cauchon.

Tristan Lamour, chargé de communication à Accès bénévolat – Centre d’action bénévole de l’est de Montréal, confirme le grand élan de la part des Québécois.

« En une semaine, on a reçu environ 1 200 demandes directes ou indirectes, soit des gens qui remplissaient la fiche sur le site, soit des gens qui trouvaient nos coordonnées et nous contactaient directement, » dit-il.

Le besoin des organismes inscrits sur le site a été comblé en 24 heures. Ceci s’explique par le grand nombre de candidats bénévoles, mais aussi par le fait que certains organismes devaient fermer leurs portes le temps du confinement, n’étant pas considérés comme des services essentiels. N’importe, les deux hommes ont été ravis de la solidarité des Québécois.

« L’appel du premier ministre a vraiment été entendu. On a vraiment de la solidarité. Honnêtement on savait que les Québécois étaient solidaires, mais là il y a vraiment eu un élan de générosité, » constate M. Cauchon.

Lamour évoque également la solidarité particulière des Québécois : « Je ne suis pas originaire du Québec, mais je vois vraiment la particularité de la population québécoise, l’envie d’aider, ça été vraiment stupéfiant. » 

Un nouvel outil 

Le site de jebénévole. ca trouve ses origines dans la région de l’Outaouais en 2009. En 2018, cette plateforme qui vise à faire du jumelage entre les Centres d’action et les bénévoles a été lancée à la grandeur du Québec.

Le site fonctionne comme un site d’emploi : « Les organismes communautaires mettent leurs offres sur le site et puis les bénévoles potentiels se rendent sur le site pour poser leurs candidatures directement sur des offres, » explique Michel Alexandre Cauchon. Voilà le fonctionnement du site avant l’arrivée de la COVID-19.

Une fois la crise sanitaire amorcée, la Fédération et les Centres devaient agir vite. Ils ont donc créé un nouvel outil : la banque de bénévoles.

« La personne s’inscrit, mets ses coordonnées, sa ville et ensuite elle tombe dans un bassin de bénévoles, divisé par région administrative et par ville, » dit M. Cauchon.

Cet outil, créé pour combler un besoin pendant la pandémie, devient maintenant une base de données importante pour assurer le bénévolat pendant, mais aussi après la crise.

Un héritage important

Plusieurs personnes qui ont donné leur nom sur jebénévole. ca n’ont pas pu offrir leur aide : la demande était beaucoup plus grande que l’offre. Cependant, les quelque 31 000 personnes de la banque de bénévoles, peu importe si elles ont eu un retour ou non, sont la clé pour assurer que le besoin continue à être comblé dans un mois, six mois, un an.

Ces gens, qui ne sont peut-être pas devenus bénévoles pendant la crise, sont devenus des aspirants bénévoles pour les Centres d’action du Québec. Ce sont des gens qui veulent offrir leur temps pendant la pandémie. Après la crise, plusieurs n’auront plus le temps, la disponibilité, le désir de contribuer. Mais pour certains, selon Tristan Lamour, ce désir restera : voilà donc la grande puissance de cette banque de bénévoles.

« Peut-être que dans un an les choses seront tout à fait revenues à la normale : les gens auront moins de temps, il y aura moins d’engouement. Mais nous, nos organismes ont toujours des besoins, donc ce n’est pas rien d’avoir une nouvelle liste de 1 500 personnes qui s’ajoutent à une base de données, parce qu’on va pouvoir les recontacter au besoin, » explique Tristan Lamour. « Nous, notre travail c’est de restimuler cet intérêt au bénévolat. »

La banque de bénévoles créée pendant cette crise sanitaire restera utile pour plusieurs années encore. Les Centres pourront continuer à relancer ces gens pour offrir des opportunités de bénévolat dans leurs villes et régions.

Le besoin dans les organismes communautaires est toujours présent. Il l’était avant la pandémie, il le sera après. Ce n’est que pendant la pandémie que le besoin de bénévoles a été complètement comblé : un moment sans précédent pour la Fédération des Centres d’action bénévole du Québec. Ce moment dans l’histoire, surtout avec le développement de la banque de bénévoles, est important. Il pourra peut-être continuer à aider les organismes bien après la crise, que ce soit dans six mois ou six ans. Dans tous les cas, c’est ce qu’on leur souhaite. 

Une production journalistique réalisée par :

  • Anne-Marie Trickey

    Finissante au D.E.S.S. en journalisme de l’Université de Montréal et bachelière en science politique de l’Université McGill. Originaire de l’Ontario, je m’intéresse aux sujets qui entourent la politique, la société et la philosophie. Dans la vie comme en journalisme, je crois surtout à la grande importance de toujours me demander « pourquoi ».


Intéressant, non ? Partagez la publication avec vos proches.

Un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.