Les nouveaux défis à relever pour les professions médicales


En France, le milieu médical doit désormais s’adapter à la situation exceptionnelle dans laquelle nous évoluons. La COVID-19 oblige le personnel soignant à modifier ses pratiques. Pascale, Marc et Valentin, travaillent dans le domaine de la santé. Ils témoignent ici des nouvelles difficultés auxquelles ils font face.

 

Changement et continuité pour Marc, dentiste

Dans un entretien qu’il nous a accordé Marc énonce une série de changements de sa pratique professionnelle qui sont apparus dans cette période d’épidémie. L’accueil des patients dans son cabinet n’est plus le même : fermeture des toilettes, plus de revues, absence de tables, l’obligation d’être masqué et plus personne en salle d’attente.

Il s’agit aussi d’espacer les rendez-vous de 45 minutes pour assurer une désinfection des locaux en aérant et en désinfectant. Pour les nouveaux patients, l’épreuve est rude. Voir son dentiste masqué prenant de nombreuses précautions change le rapport de Marc avec ses patients.

Marc (à droite) avec son collègue

Un autre problème est celui de l’approvisionnement. Il y a une rupture de stock du matériel nécessaire à sa pratique : « On ne sait pas si on va livrer le matériel commandé » énonce Marc. La situation est également très compliquée au niveau des coûts car les dentistes n’ont eu aucun revenu pendant 2 mois.

Marc craint que la crise économique qui s’annonce ait un impact sur les patients : « il y aura des gens qui ne vont pas vouloir se faire soigner ».

Pour l’heure, il s’agit de réduire la contamination croisée et « faire en sorte que les soins soient sans risques pour les patients, pour nous et surtout qu’on ne soit pas un vecteur de transmission : c’est ça l’essentiel. » affirme Marc.

Modification des rapports au travail pour Cécile, infirmière

Cécile* est Infirmière dans un centre français de réadaptation pour les personnes en rééducation*. Elle témoigne de la nouvelle réalité quotidienne de sa profession.

Depuis la COVID-19, toute l’organisation de la clinique a été revue. Les patients sont cantonnés dans leurs chambres, prennent les repas en solitaire et sont placés en isolement de façon à limiter tout risque de contamination.

La réorganisation du service a eu pour conséquence d’interdire toutes les visites des familles ou les autorisations de sortie du week-end pour les patients admis dans cet établissement. Pour Cécile* : « de nouvelles conditions de travail se sont imposées ».

Les interactions avec ses collègues se sont aussi modifiées : « Quand nous prenons nos repas on nous a invité à ne pas nous rassembler dans notre salle commune, on doit prendre nos repas individuellement ». Le risque de contamination rend les rapports professionnels solitaires, ce qui complique la relation entretenue avec ses collègues.

Cécile* était en congé de maladie pendant la première vague. Néanmoins, elle a ressenti de l’inquiétude avant de reprendre son travail : « J’y suis allée avec beaucoup d’appréhension ». Il faut ajouter à cela le stress de transmettre le virus à ses proches. Le quotidien du personnel de santé en temps de pandémie c’est aussi risquer de contaminer leur famille.

* Cécile est un pseudonyme. À titre exceptionnel, nous avons accordé l'anonymat à notre source et n'avons pas révélé le nom et le lieu de son travail.

Vision et appréhension de l’avenir pour Valentin, étudiant en 6ème année de médecine

Les étudiants en médecine devront eux aussi s’habituer à cette situation. C’est le cas de Valentin qui entame le concours d’internat, aboutissement de six années d’études pour ensuite choisir sa spécialité.

Sur le plan psychologique, c’était difficile affirme t-il : « Surtout au début avec une privation des libertés ». D’ailleurs son stage dans un service de gastrologie à Dijon a été annulé. Tout cela a eu pour effet de provoquer un « impact négatif sur la qualité de son travail ».

Pour Valentin, la COVID-19 s’apparente à une alerte qui doit changer le rapport de la société à la maladie. Pour les patients âgés par exemple, le jeune étudiant recommande de s’interroger sur la façon dont les patients souhaitent mourir : « Quel(s) projet(s) pour eux après un passage en réanimation ? ».

De quelle façon les malades souhaitent-ils mourir ? « La médecine doit changer son rapport à la mort ; et les médecins avec leur patient ».

À l’aune d’une ère post COVID ; les futurs jeunes médecins devront revoir leur pratique professionnelle et résoudre un certain nombre de questions morales comme le rapport que la société entretient avec la mort et la maladie.

L’entretien avec Valentin

Une production journalistique réalisée par :

  • Olivier Esteve

    Je suis Français et âgé de 24 ans. Je dispose d’un baccalauréat et d’une maîtrise en Anthropologie. Grâce à cette formation, je peux m’appuyer sur des méthodes d’enquêtes qualitatives et j’aime mettre en perspective les enjeux culturels et politiques des sociétés contemporaines. Je m’intéresse aussi à l’art du documentaire et j’espère pouvoir progresser dans la façon de concevoir un reportage journalistique.


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